Le sourire du dragon

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13 février 2009

CA VA MIEUX EN LE LISANT

 

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Suite à l'élection présidentielle de mai 2007 et la nomination de Nicolas Sarkosy au sommet de l'état, une file d'attente de réac' de droite siège depuis devant la porte de l'Elysée en espérant un poste de choix, si possible bien rémunéré. On y trouve de tout: des journalistes, des « écrivains », des artistes, des sportifs, etc... entre eux, c'est à qui saura le mieux lécher ce divin cul bleu-blanc-rouge qui fait tant bander la « France pinard ». D'autres par contre se contentent simplement de promouvoir la politique gouvernementale, ce qui est tout à fait leur droit, sauf quand on présente un J.T. de 13h et qu'il faille faire preuve d'objectivité (la base du journalisme, non?). A notre époque, la retenue n'existe plus: brosser dans le sens du poil en espérant une place au soleil, voilà la nouvelle devise. Voici donc Françoise Laborde, que beaucoup connaissent pour ses apparitions au journal de 20h en 2008, qui sort cette même année un livre nommé « Ça va mieux en le lisant », où la journaliste promettait « de dire la vérité »:

« Longtemps j'ai menti. Et j'ai menti de bonne heure. Sur tout, sur rien, pour me faciliter la vie. Mais c'est fini ! Bas les masques ! Je dis tout, j’avoue : j’ai inventé cette Isabelle, une facilité littéraire pour affronter quelques vérités douloureuses dans mes ouvrages précédents et me cacher un peu, sans fatigue ! Aujourd’hui c'est fini ! Je n'ai plus peur. Je peux dire tout haut ce que je suis : une menteuse professionnelle. Et puis, une évidence s'est imposée à moi : dans ce pays tout le monde ment, c'est même un sport national. Alors, je veux bien dire la vérité, mais pas toute seule ! Je ne résisterai donc pas au plaisir de pointer du doigt les faux-semblants, les faux sincères. Tous ceux qui s'accommodent d'un à peu près. Et ils sont nombreux ! Je vais m'astreindre à cet exercice solitaire et exigeant : tenter de dire ma 'part de vérité' sur ce que je vois, sur ce que je sais. »

Comme vérité, visiblement ça ne va pas bien loin si j'en crois toutes les critiques que j'ai lu sur l'ouvrage. Par contre, le lecteur a le droit à quelques réactions dignes d'un Jean-Pierre Pernaut un jour de grève et même beaucoup plus. En voici un bien bel extrait qu'à relayé le site Acrimed et l'hebdomadaire Siné Hebdo:

« Parfois, quand le découragement me saisit, à défaut de mensonges pour m’« évader », je me prends à rêver à la retraite... Oui, oui, moi aussi ! Comme tous ces heureux bénéficiaires des « régimes spéciaux », agents de la SNCF, d’EDF, de Gaz de France, qui, vers cinquante ans, peuvent plier les gaules et attaquer une nouvelle vie à leur guise, farniente ou seconde carrière. (Par parenthèse, je suis toujours fascinée et perplexe en entendant des « jeunes » cheminots de trente-cinq ans expliquer qu’ils ont précisément signé pour partir plus tôt se la couler douce. A leur âge, je pensais à tout sauf à cette échéance qui me paraissait si lointaine !)

Pour défendre cet acquis non négligeable, ils font la grève. Pendant dix jours, en novembre 2007, ils ont paralysé le pays en clamant des mots d’ordre variés. Au choix : pour défendre l’« intérêt du service », les « acquis sociaux », nos « futures retraites », que sais-je encore ? Alors que nous - salariés du privé ou assimilés - cotisons déjà plus longtemps, avec des décotes bien plus substantielles !

Mensonges que tous ces slogans, mensonge que cette pseudo-solidarité : ils défendent leurs avantages ! Ça se comprend, mais pourquoi ne pas le dire ? Car l’intérêt public, le sens du collectif, c’est bien autre chose ! La SNCF se targue d’être un modèle de solidarité sociale, mais nul n’ose rappeler que les trains de la mort qui emmenaient juifs et résistants vers les camps d’extermination n’ont jamais été stoppés par des grévistes et sont toujours arrivés à l’heure, leur prestation payée, rubis sur l’ongle, par les nazis. Sans les trains français, comment la déportation aurait-elle pu avoir lieu ? Les cheminots héros de la Résistance dans La Bataille du rail, voilà une imposture historique extrapolée et véhiculée par les « camarades » après la guerre... »

Rarement vu autant de méconnaissance historique et de stupidité, mais bon, depuis, Sarko a nommé Françoise Laborde au CSA. Pour reprendre les propos du grand Didier Porte: « Sarko a très bien fait de nommer Françoise Laborde au CSA. 10 000 euros par mois à ne rien foutre, au moins désormais, elle pourra gueuler contre les fonctionnaires en connaissances de cause... »



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